Élections au Honduras : les candidats présidentiels au coude-à-coude selon les autorités

Élections au Honduras : les candidats présidentiels au coude-à-coude selon les autorités

Le scrutin présidentiel hondurien de décembre 2025 tient la population et les observateurs internationaux en haleine. Les autorités électorales évoquent une égalité technique entre les deux principaux prétendants au pouvoir suprême. Cette situation inédite génère une tension croissante dans le pays alors que le dépouillement se poursuit dans des conditions controversées. Les électeurs honduriens, las des scandales politiques, espéraient un vote transparent pour tourner définitivement la page.

Un résultat serré qui paralyse le processus électoral

L’écart entre Nasry Asfura, représentant de la droite conservatrice, et Salvador Nasralla, ancien animateur télévisé devenu figure centriste, s’établit à seulement 515 voix. Cette marge infime reflète une nation profondément divisée sur son avenir politique. Ana Paola Hall, présidente du Conseil électoral national, a appelé à la patience et à la prudence lors d’une déclaration publique, mais aucune mise à jour officielle n’a suivi depuis environ 13 heures, heure locale.

Le site internet du conseil électoral s’est effondré sous l’affluence massive de connexions, alimentant les craintes de dysfonctionnements dans le processus de comptabilisation. Cette défaillance technique renforce les inquiétudes populaires concernant l’intégrité du scrutin. Les Honduriens craignent particulièrement une période prolongée d’incertitude ou des contestations juridiques, scénario qui pourrait se concrétiser si l’écart demeure aussi minime. Le dernier décompte communiqué faisait état de 57% des bulletins traités, laissant encore une marge d’incertitude considérable.

La population se souvient douloureusement des violences de rue qui avaient suivi le scrutin controversé de 2017. Juan Orlando Hernández avait alors revendiqué la victoire dans un contexte fortement questionné par les observateurs internationaux et l’Organisation des États américains. Les affrontements entre manifestants et forces de l’ordre avaient causé au moins vingt décès. Certains commerçants auraient déjà barricadé leurs établissements par précaution, tandis que des employés préfèrent s’absenter jusqu’à la proclamation officielle du vainqueur.

Des candidats incarnant des visions opposées du Honduras

Salvador Nasralla se présente comme le candidat du renouveau et de la lutte contre la corruption endémique. Bien qu’ayant brièvement occupé le poste de vice-président aux côtés de Xiomara Castro avant leur rupture, il demeure principalement connu pour sa carrière de présentateur sportif télévisuel. Cette image d’outsider politique séduit une partie importante de l’électorat hondurien désireuse de rompre avec les pratiques clientélistes traditionnelles.

De son côté, Nasry Asfura tente de restaurer la crédibilité de sa formation politique après une série de scandales récents. Il s’efforce notamment de prendre ses distances avec Juan Orlando Hernández, ancien président purgeant actuellement une peine de 45 ans dans une prison américaine pour trafic de stupéfiants et d’armes. Dans une déclaration à l’AFP, Asfura a clairement affirmé n’avoir aucun lien avec l’ex-président, insistant sur le fait que son parti ne saurait être tenu responsable des actions personnelles de ce dernier.

Candidat Parti politique Profil Axe de campagne
Nasry Asfura Centre-droit Politicien traditionnel Stabilité économique
Salvador Nasralla Parti libéral Ex-animateur TV Lutte anti-corruption
Rixi Moncada Libre (gauche) Soutenue par Castro Continuité gouvernementale

Rixi Moncada, candidate soutenue par la présidente sortante Xiomara Castro, constitue la troisième force en présence. Castro ne pouvait solliciter un second mandat en raison de restrictions constitutionnelles. Sur les 6,5 millions d’électeurs inscrits, la participation était attendue comme élevée, bien qu’aucun chiffre officiel n’ait encore été communiqué par les autorités compétentes.

Les motivations profondes des électeurs honduriens

Au marché agricole de Tegucigalpa, les citoyens exprimaient leurs aspirations avant de se rendre aux urnes. Nicole Castillo, vendeuse de noix, déclarait qu’il fallait voter selon la réalité concrète plutôt que par fidélité aveugle aux couleurs partisanes. Elle soulignait l’importance de reconnaître la corruption profondément ancrée dans les structures politiques honduriennes.

Nolvy Oriales, commerçante fromagère, partageait cette préoccupation centrale contre la corruption et le népotisme. Elle expliquait que sa principale motivation résidait dans le besoin d’essayer quelqu’un de nouveau, une personnalité jamais parvenue au pouvoir auparavant. Les années récentes ont été particulièrement difficiles pour la population, confrontée à des difficultés économiques croissantes et à une détérioration des services publics.

Les aspirations citoyennes se résument en plusieurs points prioritaires :

  • Mettre fin à la corruption systémique dans l’administration publique
  • Rompre avec les pratiques de clientélisme politique
  • Améliorer les conditions économiques des classes moyennes et populaires
  • Restaurer la confiance dans les institutions démocratiques
  • Garantir la transparence des processus électoraux

Les ingérences internationales controversées

Le président américain Donald Trump a vivement réagi sur sa plateforme Truth Social, affirmant que le décompte avait brusquement cessé et accusant les responsables électoraux de tenter de modifier les résultats. Trump, partisan déclaré d’Asfura, avait précédemment menacé de suspendre l’aide financière au Honduras si son candidat favori n’était pas élu. Il promettait que les conséquences seraient terribles en cas de défaite d’Asfura.

Cette intervention présidentielle américaine a suscité l’indignation de nombreux Honduriens. Octavio Pineda, ministre des Infrastructures et des Transports, qualifiait ces déclarations d’ingérence électorale manifeste lors d’un entretien accordé à la BBC. Il dénonçait publiquement ces propos tout en rappelant que le système judiciaire hondurien n’avait même pas eu l’opportunité de juger l’ancien président Hernández, cette responsabilité ayant été assumée directement par le procureur général américain.

Trump avait également évoqué de manière controversée une possible grâce présidentielle pour Hernández, emprisonné aux États-Unis. Cette promesse renforçait les accusations d’ingérence dans les affaires intérieures honduriennes. Le ministre Pineda soulignait l’ironie de la situation où Washington imposait sa justice tout en prétendant dicter les choix électoraux du pays centraméricain.

Emma Leroy
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