Open Var, Rocchi sur Milan-Lazio : « Pavlovic méritait un corner, pas Koné…

Open Var, Rocchi sur Milan-Lazio : "Pavlovic méritait un corner, pas Koné...

Le responsable de la Commission des arbitres italiens a livré une analyse détaillée concernant l’épisode le plus controversé de la treizième journée de championnat. Gianluca Rocchi s’est exprimé dans le cadre de l’émission hebdomadaire Open Var diffusée sur Dazn, revenant longuement sur la phase litigieuse survenue lors de la rencontre entre les Rossoneri et les Biancocelesti. Cette intervention marque une prise de position claire de l’instance arbitrale face aux polémiques qui ont enflammé le débat footballistique italien.

Les échanges entre l’arbitre et la salle vidéo révélés

La transparence constitue désormais un élément central dans la communication arbitrale italienne. L’émission a diffusé les conversations complètes entre Collu, l’arbitre principal, et Di Paolo en salle VAR, assisté par Paterna. Ces échanges permettent de comprendre le processus décisionnel qui a conduit à cette situation controversée.

L’arbitre de terrain demande des éclaircissements immédiats sur la situation. Son homologue en cabine vidéo répond en sollicitant du temps pour analyser l’action, évoquant la position du bras et la trajectoire du ballon vers les buts. Di Paolo suggère alors une révision vidéo pour un potentiel penalty, invitant Collu à examiner la dynamique de l’action.

En revanche, l’homme au sifflet identifie plusieurs éléments successifs : le placement du bras de Pavlovic mais aussi une faute préalable de Marusic qui tire le maillot. Cette observation conduit à une décision finale basant sur l’antériorité du contact. Le dialogue révèle ainsi toute la complexité d’un arbitrage moderne où plusieurs infractions simultanées peuvent interférer dans l’analyse d’une même phase de jeu.

Une analyse technique qui reconnaît les défaillances

Rocchi n’a pas hésité à exprimer ses regrets profonds concernant la gestion de cet incident. Selon lui, mis à part cet épisode, la journée arbitrale s’est révélée excellente. Il souligne que la direction de match entre Milan et Lazio était globalement de très bonne qualité avant cette phase contestée.

Le responsable affirme sans ambiguïté qu’aucun penalty n’aurait dû être accordé, car le degré de punissabilité était inexistant. Sa surprise concerne principalement la réaction immédiate du VAR dans cette direction. Il admet ne pas comprendre ce qui a motivé cette orientation de la part des assistants vidéo, remettant en question le processus décisionnel adopté.

Aspect analysé Position de Rocchi
Penalty accordé Injustifié et non punissable
Décision correcte Corner pour Milan
Faute défensive Inexistante sur cette action
Temps de vérification 15 secondes auraient suffi

Rocchi assume une responsabilité personnelle dans cette confusion. Il reconnaît n’avoir peut-être pas été suffisamment explicite dans ses directives envers ses collaborateurs. Lorsqu’il évoque la possibilité d’interventions supplémentaires du VAR, il ne souhaite pas que cela se traduise par des révisions systématiques au moindre doute. Les interventions extraordinaires devraient rester exceptionnelles, limitées à trois ou quatre situations par saison maximum.

La légitimité de la frustration laziale expliquée

Le désormais ex-arbitre comprend parfaitement la colère des joueurs et du staff de la Lazio. Si le penalty n’avait simplement pas été accordé, l’équipe romaine aurait probablement accepté cette décision sans contestation majeure. Rocchi insiste sur le fait qu’un contact à trente centimètres, qualifié de simple frappe de balle, ne peut constituer une main punissable.

La direction du tir vers les buts ou non s’avère totalement secondaire : l’infraction existe ou n’existe pas, indépendamment de ce paramètre. La meilleure décision aurait été d’accorder un corner. Rocchi révèle également que l’arbitre lui-même aurait accordé un penalty erroné s’il n’avait pas identifié la faute préalable. Cette analyse valide plusieurs niveaux d’erreurs potentielles évitées de justesse.

Entre pression sur les bancs et sérénité décisionnelle

Le responsable des arbitres aborde ensuite les moments tendus précédant la révision vidéo. Il rappelle un principe fondamental : les arbitres doivent pouvoir consulter le moniteur dans les meilleures conditions possibles. Les contestations ou pressions exercées avant même la visualisation créent un environnement inadapté pour prendre une décision juste.

L’expulsion d’Allegri est donc jugée conforme aux règlements, mais Rocchi exprime son souhait de ne pas avoir à sanctionner les entraîneurs. Il préférerait que les occupants des bancs comprennent spontanément la difficulté inhérente à ces décisions et attendent patiemment le verdict final.

Les circonstances particulières sont reconnues : la 96e minute, le stress accumulé et la tension extrême. Néanmoins, garantir une atmosphère sereine autour du moniteur reste primordial car, sans lucidité, une décision correcte devient impossible. Cette philosophie reflète une volonté d’améliorer non seulement les aspects techniques mais aussi l’environnement humain de l’arbitrage moderne en Serie A.

Les directives futures concerneront également la gestion des simulations : Rocchi suggère que tout joueur apparemment blessé reste hors du terrain deux minutes pour recevoir des soins appropriés, une mesure déjà testée dans d’autres championnats internationaux. Cette approche vise à réduire les interruptions théâtrales qui ralentissent le spectacle.

Luc Dubois
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