Les géants de la tech financent en secret la parade militaire controversée de Trump

Les géants de la tech financent en secret la parade militaire controversée de Trump

La parade militaire organisée par Donald Trump le 15 juin 2025 à Washington suscite de vives controverses. Cet événement, officiellement destiné à célébrer le 250ème anniversaire de l’armée américaine, coïncide étrangement avec le 79ème anniversaire du président. Plus troublant encore, plusieurs géants technologiques financent discrètement cette démonstration de force qui inquiète les défenseurs des libertés civiles.

La démonstration de force militaire qui inquiète les activistes

Présentée comme une célébration patriotique, cette parade s’annonce comme la plus importante manifestation militaire de l’histoire américaine. Plus de 150 véhicules militaires, dont des chars Abrams et des obusiers automoteurs, défileront dans les rues de la capitale fédérale. Des images de matériel lourd arrivant à Washington circulent déjà sur les réseaux sociaux depuis plusieurs jours.

Cette parade rappelle étrangement celles organisées en Russie ou en Corée du Nord, un modèle que Trump avait déjà souhaité imiter lors de son premier mandat. La coïncidence entre cet événement militaire et l’anniversaire personnel du président alimente les critiques sur la nature réelle de cette célébration.

Face aux mouvements « No Kings » prévus dans plusieurs villes américaines, le président a fait des déclarations alarmantes : « Ceux qui veulent manifester rencontreront une violence très importante ». Sa porte-parole Karoline Leavitt a tenté de nuancer ces propos en précisant que le président soutenait bien entendu les manifestations pacifiques.

Les organisateurs des manifestations anti-Trump ont délibérément évité Washington pour ne pas attirer l’attention sur la parade. Néanmoins, des protestations spontanées sont attendues dans la capitale.

Sponsor Secteur d’activité Liens avec Trump
Oracle Technologies Partenariat commercial
Amazon Technologies/Commerce Ambivalent
Palantir Analyse de données Très étroit (Thiel/Lonsdale)
Coinbase Cryptomonnaie Financement
Lockheed Martin Défense Contrats gouvernementaux

Les géants tech dans l’ombre du financement controversé

Alors que le coût de cette démonstration militaire est estimé entre 25 et 45 millions de dollars, plusieurs entreprises technologiques participent discrètement à son financement. Oracle, Amazon, Coinbase, Lockheed Martin et Palantir figurent parmi les principaux contributeurs de la fondation America 250, officiellement chargée de préparer les célébrations du 250ème anniversaire de l’indépendance américaine en 2026.

Selon un communiqué de presse de l’organisation, « de nombreux sponsors soutiendront la grande parade militaire du samedi ». La participation de Palantir est particulièrement préoccupante. Cette entreprise d’analyse de données entretient des liens étroits avec l’administration Trump et a récemment été mandatée pour créer une vaste base de données contenant des informations personnelles sur les citoyens américains.

Meta, initialement listé comme sponsor, a disparu de la liste après des questions de journalistes. Un porte-parole a indiqué : « Nous ne sommes actuellement pas sponsor, mais analysons activement d’éventuels partenariats. » L’entreprise avait précédemment rompu sa collaboration avec America 250 en 2022, retirant 10 millions de dollars de financement suite à des accusations de népotisme et de discrimination.

D’autres soutiens viennent de l’entourage direct de Trump : Dana White, directeur de l’Ultimate Fighting Championship, est un allié notoire du président. La NFL participe également avec une « Kids Zone » lors des festivités précédant la parade. Des think tanks conservateurs comme le Bill of Rights Institute apportent également leur soutien.

Surveillance massive et risques pour les libertés civiles

Les spécialistes de la protection des données s’inquiètent du déploiement massif de technologies de surveillance durant cet événement. Le Secret Service a déjà confirmé l’utilisation de drones. D’autres outils pourraient être mobilisés :

  • Logiciels de reconnaissance faciale pour identifier les personnes dans la foule
  • Scanners automatiques de plaques d’immatriculation pour suivre les véhicules
  • Simulateurs de cellules mobiles pour collecter des données téléphoniques
  • Mandats de géolocalisation (Geofence Warrants) permettant de localiser tous les téléphones actifs dans une zone donnée

Ces craintes sont fondées sur des précédents récents. L’administration Trump a déjà déployé la Garde nationale à Los Angeles contre la volonté du gouverneur Gavin Newsom. Des drones Reaper de la police des frontières survolent la ville pour une « surveillance de sécurité », et des soupçons pèsent sur l’utilisation de technologies de reconnaissance faciale pour traquer les manifestants.

En 2020, le Département de la Sécurité intérieure avait surveillé les manifestations Black Lives Matter avec des drones après la mort de George Floyd. En 2022, le FBI a utilisé des mandats de géolocalisation lors de protestations à Seattle pour identifier des utilisateurs Android à proximité d’une tentative d’incendie criminel visant un bâtiment syndical de la police.

Protéger ses droits face à la surveillance étatique

Malgré ces risques, les défenseurs des libertés civiles ne découragent pas totalement la participation aux manifestations. Ils proposent plutôt des conseils pour se protéger contre la surveillance généralisée que pourraient déployer les autorités américaines.

« La surveillance des manifestations est incompatible avec la liberté d’expression », affirme Albert Fox Cahn du Surveillance Technology Oversight Project (Stop). « Si le gouvernement peut constituer un dossier sur chaque dissident, des millions de personnes se tairont. »

Chad Marlow de l’American Civil Liberties Union (ACLU) avertit que même si les tribunaux condamnent ultérieurement l’utilisation de ces technologies de surveillance, le préjudice sera déjà causé. De nombreuses personnes auront renoncé à exercer leurs droits par crainte de représailles. Les données de surveillance pourraient être utilisées contre les manifestants dans des procédures judiciaires ou des expulsions.

La reconnaissance faciale pose un problème particulier pour les personnes à la peau foncée, car cette technologie commet davantage d’erreurs dans leur identification, augmentant les risques de fausses accusations.

« L’État de droit continue de s’éroder dans ce pays », critique Cahn. « Nous ne savons tout simplement pas quels risques existent. » Face à cette situation préoccupante, la vigilance citoyenne reste plus que jamais nécessaire.

Sophie Bernard
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