Alors que Donald Trump n’a pas encore pris ses fonctions pour son second mandat, une part significative de la population américaine se projette déjà vers le scrutin présidentiel de 2028. Cette anticipation précoce témoigne d’un engagement politique inhabituel, révélé par une récente enquête menée par SSRS pour le compte de CNN. Cette élection particulière marquera un tournant historique, puisqu’elle constituera le premier scrutin depuis 2016 sans président sortant candidat à sa réélection dans aucun des deux grands partis.
Un intérêt précoce pour la course présidentielle de 2028
L’analyse dévoile que près de la moitié des citoyens américains ont déjà consacré une réflexion au scrutin présidentiel programmé dans près de trois ans. Cette donnée surprenante illustre l’intensité du débat politique contemporain aux États-Unis. Pourtant, la maturité de ces réflexions varie considérablement selon les répondants.
Les deux tiers des sondés reconnaissent ne pas avoir encore identifié de candidat potentiel précis qu’ils souhaiteraient voir se présenter. À l’inverse, 33% des Américains déclarent avoir déjà une personnalité particulière en tête. Cette minorité engagée a spontanément mentionné pas moins de 65 noms différents, démontrant l’absence de consensus autour d’une figure dominante à ce stade embryonnaire du processus électoral.
La dispersion des préférences demeure remarquable : la plupart des candidats évoqués ne recueillent que 1% des mentions ou moins. Cette fragmentation s’explique par l’horizon temporel éloigné et l’absence de campagne formelle, permettant aux électeurs d’étudier librement diverses options sans contrainte stratégique immédiate.
Les favoris émergents dans chaque camp politique
Du côté des républicains et des indépendants penchant vers la droite, certaines personnalités se détachent légèrement du lot. Le vice-président JD Vance arrive en tête avec 22% des mentions dans cette catégorie, profitant probablement de sa visibilité actuelle au sein de l’administration Trump. Marco Rubio, récemment nommé secrétaire d’État, recueille 4% des suffrages, tandis que Ron DeSantis, gouverneur de Floride, obtient 2% des citations.
Phénomène révélateur d’une certaine confusion constitutionnelle, 3% des répondants républicains souhaiteraient voir Donald Trump briguer un nouveau mandat, malgré l’interdiction formelle du 22e amendement limitant les mandats présidentiels à deux.
| Camp politique | Candidat potentiel | Pourcentage de mentions |
|---|---|---|
| Républicains | JD Vance | 22% |
| Républicains | Marco Rubio | 4% |
| Républicains | Ron DeSantis | 2% |
| Démocrates | Gavin Newsom | 11% |
| Démocrates | Kamala Harris | 5% |
| Démocrates | Alexandria Ocasio-Cortez | 4% |
Chez les démocrates et sympathisants progressistes, Gavin Newsom, gouverneur de Californie, domine les préférences avec 11% des mentions. L’ancienne vice-présidente Kamala Harris conserve une certaine popularité avec 5%, suivie par Alexandria Ocasio-Cortez avec 4% et Pete Buttigieg avec 2%. Là encore, 2% des démocrates évoquent Barack Obama, ignorant les limitations constitutionnelles identiques.
Les qualités recherchées par les électeurs américains
L’enquête a permis aux participants d’exprimer spontanément les caractéristiques souhaitées chez leur futur président. Les résultats révèlent une préférence marquée pour les qualités personnelles plutôt que pour des positions politiques spécifiques ou des orientations idéologiques tranchées.
L’honnêteté arrive systématiquement en tête des priorités, transcendant les clivages partisans. Les électeurs recherchent également des traits comme la compassion, l’empathie, l’intégrité et un système de valeurs solide. Cette aspiration à des qualités humaines fondamentales suggère une certaine lassitude vis-à-vis de la polarisation politique actuelle.
Parmi les préoccupations thématiques, l’économie et le coût de la vie dominent largement les autres enjeux. Cette focalisation reflète les inquiétudes quotidiennes des ménages américains face à l’inflation et aux difficultés financières persistantes.
Environ 4% des citoyens expriment explicitement le souhait d’un président rassembleur, capable de transcender les divisions partisanes. Un républicain interrogé souligne l’importance capitale de cesser les conflits permanents et de dépolitiser certains débats sociétaux, plaidant pour une véritable coopération bipartisane.
Les profils variés des candidats envisagés
La diversité des personnalités mentionnées illustre l’ouverture d’esprit des électeurs à ce stade précoce. Les Américains évoquent plusieurs catégories de candidats potentiels :
- Les vétérans politiques ayant déjà mené des campagnes nationales comme Amy Klobuchar, sénatrice du Minnesota
- Les figures attendues telles que Josh Shapiro, gouverneur de Pennsylvanie, considéré comme une étoile montante démocrate
- Les nouveaux visages incluant Andy Beshear du Kentucky, Jasmine Crockett du Texas, Sarah Huckabee Sanders de l’Arkansas ou Spencer Cox de l’Utah
- Les personnalités non politiques comme Jon Stewart, Dwayne Johnson, Oprah Winfrey ou Mark Cuban, reflétant une certaine frustration envers l’establishment
Les données révèlent que 56% des démocrates ont déjà réfléchi à l’élection de 2028, contre 44% des républicains. Paradoxalement, ces derniers identifient plus fréquemment un candidat précis (36% contre 30%). Cette asymétrie suggère que les démocrates analysent davantage d’options sans arrêter leur choix.
Un seul répondant a franchi les lignes partisanes en proposant une liste bipartisane : Mitt Romney ou Mark Kelly, deux profils modérés incarnant le pragmatisme politique.


