Procès du braquage de Kim Kardashian : ouverture des audiences à Paris

Procès du braquage de Kim Kardashian : ouverture des audiences à Paris

Le procès tant attendu lié au braquage spectaculaire de Kim Kardashian s’est ouvert ce lundi à Paris. Près d’une décennie après les faits, dix individus surnommés les « braqueurs papy » comparaissent devant la justice française pour ce vol audacieux qui avait défrayé la chronique internationale. L’affaire, qui avait suscité une vive émotion en 2016, revient sur le devant de la scène médiatique avec un procès qui s’annonce très suivi.

Retour sur un braquage qui a marqué les esprits

En octobre 2016, pendant la Fashion Week parisienne, Kim Kardashian se retrouvait victime d’une agression violente dans sa résidence de luxe. Ligotée et menacée d’une arme, la star de téléréalité et femme d’affaires, alors âgée de 35 ans, s’était vue dérober des bijoux d’une valeur estimée à plus de 9 millions de dollars.

Le mode opératoire des malfaiteurs avait frappé par son audace. Cinq hommes déguisés en policiers et portant des cagoules avaient fait irruption dans sa chambre après avoir neutralisé le gardien de nuit. Contraignant ce dernier à les guider vers l’appartement de la célébrité, ils avaient ensuite attaché Kim Kardashian avant de s’emparer de ses biens précieux, dont une bague de fiançailles offerte par son époux de l’époque, Kanye West, évaluée à 4 millions de dollars.

Parmi les objets volés, une croix sertie de diamants avait été retrouvée dans la rue, perdue par les malfaiteurs lors de leur fuite à pied et à vélo. L’enquête avait progressé grâce à l’ADN relevé sur le ruban adhésif et les liens utilisés pour immobiliser la victime, permettant aux forces de l’ordre d’identifier plusieurs suspects après trois mois d’écoutes téléphoniques et de surveillance.

Des accusés aux profils atypiques

Le tribunal correctionnel de Paris accueille neuf hommes et une femme, dont la moyenne d’âge élevée a valu au groupe le surnom de « braqueurs papy ». Les chefs d’accusation varient selon leur degré d’implication présumé : vol à main armée en bande organisée, séquestration, association de malfaiteurs, pour les principaux protagonistes, tandis que d’autres répondent de complicité ou d’infractions moins graves.

Parmi les accusés, deux figures se démarquent par leurs aveux partiels :

  • Aomar Aït Khedache, 69 ans, dont l’ADN a été retrouvé sur la scène de crime
  • Yunice Abbas, 72 ans, qui affirme avoir uniquement joué le rôle de guetteur
  • Huit autres prévenus niant toute implication
  • Un accusé décédé avant l’ouverture du procès
  • Un autre trop malade pour comparaître

Les deux principaux suspects encourent la réclusion à perpétuité en raison de leur statut de récidivistes. Leurs avocats ont souligné qu’ils utilisaient rarement les réseaux sociaux et ignoraient la notoriété de Kim Kardashian avant les faits. Une situation qui a bien changé depuis : Yunice Abbas a accordé de nombreuses interviews et publié en 2021 un livre intitulé « J’ai kidnappé Kim Kardashian », où il affirme n’avoir eu qu’une connaissance limitée de la star avant le braquage.

Un procès médiatique sous haute tension

Le procès, qui doit se dérouler jusqu’à fin mai, suscite un intérêt médiatique considérable. Plus de 400 journalistes se sont inscrits pour suivre les audiences, alors que la salle ne peut en accueillir qu’une quarantaine par jour. Kim Kardashian devrait témoigner en personne, selon les déclarations de son avocat Michael Rhodes.

L’ampleur de la couverture médiatique inquiète certains défenseurs des accusés. « Il existe une grande préoccupation que ce procès puisse se transformer en spectacle », a déclaré Chloé Arnoux, avocate d’Aomar Aït Khedache, qui a été assailli par les caméras à son arrivée au tribunal. « Le caractère exceptionnel de cette affaire découle davantage de la notoriété de la plaignante que des faits eux-mêmes », a-t-elle ajouté.

Accusé Âge Rôle présumé Peine encourue
Aomar Aït Khedache 69 ans Présumé cerveau Perpétuité (récidive)
Yunice Abbas 72 ans Guetteur avoué Perpétuité (récidive)
Autres accusés Divers Rôles variés Variable selon charges

Les audiences seront décidées par trois juges et un jury de six personnes. Des sténographes transcrivent les débats pour M. Khedache, qui souffre de problèmes auditifs et d’élocution. L’accusé avait d’ailleurs tenté d’adresser une lettre d’excuses à Kim Kardashian en 2017, après l’avoir vue évoquer le traumatisme subi à la télévision, mais ce courrier n’a jamais atteint la star.

Les séquelles psychologiques des victimes

Dans un entretien accordé à David Letterman en 2020, Kim Kardashian s’était effondrée en larmes en évoquant cette nuit traumatisante. Elle avait notamment confié sa peur pour sa sœur Kourtney, qui l’avait accompagnée à un défilé Givenchy quelques heures avant les faits et se trouvait dans un club parisien lors de l’intrusion.

« Je n’arrêtais pas de penser qu’elle allait rentrer et me trouver morte dans la chambre », avait déclaré la star, dont le garde du corps était avec sa sœur au moment du braquage. « Je pensais que c’était mon destin », avait-elle ajouté, évoquant l’impact psychologique durable de cette agression.

Abderrahmane Ouatiki, le gardien de nuit contraint de guider les braqueurs jusqu’à la chambre de Kim Kardashian, a également été profondément affecté par l’incident. Diagnostiqué avec un syndrome de stress post-traumatique, il ne considère pas les malfaiteurs comme de simples « papys », selon son avocat Mohand Ouidja. « Il les a vus comme des hommes déterminés qui lui ont pointé une arme dessus et l’ont forcé à s’agenouiller », a précisé ce dernier.

Ce braquage spectaculaire avait alors soulevé des inquiétudes concernant la sécurité des touristes à Paris, une ville encore marquée par une série d’attaques terroristes. Neuf ans plus tard, le procès permettra peut-être aux victimes de tourner définitivement cette page douloureuse de leur existence.

Emma Leroy
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