Le sport italien entre dans une ère de transformation majeure avec la nomination de Luciano Buonfiglio à la présidence du Comité olympique national italien. Dès le lendemain de son élection le 26 juin dernier, le nouveau dirigeant a immédiatement lancé un ambitieux programme de restructuration visant à moderniser l’ensemble du système sportif transalpin. Cette initiative s’articule autour d’une architecture administrative innovante qui devrait bouleverser les pratiques établies.
La mise en place de seize structures thématiques marque un tournant décisif dans la gouvernance sportive italienne. Ces entités spécialisées ont été officiellement créées en septembre et travaillent actuellement sur des axes stratégiques variés. L’objectif principal consiste à repenser fondamentalement l’organisation du mouvement sportif pour le rendre plus efficace et adapté aux défis contemporains.
Une architecture administrative ambitieuse pour le mouvement sportif
Le dispositif mis en œuvre repose sur une répartition méthodique des responsabilités entre différents pôles d’expertise. Chaque structure thématique dispose d’un périmètre d’intervention précis, permettant une analyse approfondie des problématiques spécifiques. Cette organisation matricielle favorise une approche transversale des enjeux tout en garantissant une expertise pointue dans chaque domaine.
Alberto Miglietta, ancien directeur général des services du Comité et actuel président de la Fédération italienne d’haltérophilie, occupe une position centrale dans ce dispositif. En tant que coordinateur général des seize départements, il assure la cohérence d’ensemble et supervise l’avancement des travaux. Il a notamment présenté un rapport d’étape lors du dernier conseil national, en présence du ministre des Sports Andrea Abodi, démontrant ainsi l’importance accordée à cette réforme structurelle.
La gouvernance elle-même constitue l’un des chantiers prioritaires pilotés directement par Miglietta. Cette thématique englobe les modes de fonctionnement institutionnels, les processus décisionnels et les relations entre les différentes composantes du système sportif italien. Les travaux entamés devraient aboutir à des propositions concrètes d’ici la fin novembre, marquant ainsi la première étape d’un processus de transformation ambitieux.
| Fonction | Responsable | Domaine d’intervention |
|---|---|---|
| Coordinateur général | Alberto Miglietta | Gouvernance et supervision |
| Vice-président CONI | Marco Di Paola | Justice sportive |
| Secrétaire général | Carlo Mornati | Plan stratégique |
La justice sportive au cœur des préoccupations
Parmi les chantiers prioritaires figure la question sensible de la justice sportive, confiée à Marco Di Paola, vice-président du Comité olympique et président de la Fédération équestre italienne. Cette thématique revêt une importance particulière après les récents événements qui ont secoué plusieurs disciplines, notamment la gymnastique. Le gouvernement italien manifeste également un intérêt marqué pour cette problématique, soulignant sa dimension politique.
Les enjeux liés aux procédures disciplinaires, à l’équité des décisions et à la protection des athlètes nécessitent une refonte complète du cadre réglementaire. Di Paola dispose d’une expertise reconnue dans le domaine fédéral qui devrait faciliter l’élaboration de propositions concrètes. Son positionnement à la fois au sein de la direction du Comité et d’une fédération majeure lui confère une vision globale des enjeux.
Des besoins financiers accrus pour maintenir l’excellence
La question des ressources financières constitue un autre axe majeur de la stratégie développée par la nouvelle présidence. Dans une interview récente accordée au quotidien Repubblica, Luciano Buonfiglio a clairement exprimé la nécessité d’obtenir des financements publics supplémentaires. Les performances olympiques italiennes génèrent des obligations financières importantes, avec notamment neuf millions d’euros nécessaires uniquement pour les primes liées aux médailles si la tendance actuelle se maintient.
Le Comité olympique assure un soutien constant à la préparation de la quasi-totalité des fédérations sportives à travers un réseau d’installations de premier plan. Ces infrastructures incluent notamment :
- Le complexe de l’Acqua Acetosa à Rome
- Le centre de Formia dans le Latium
- Les installations de Tirrenia en Toscane
- Le centre d’altitude de Livigno dans les Alpes lombardes
L’Institut de médecine et sciences du sport complète ce dispositif en fournissant un accompagnement scientifique et médical aux athlètes de haut niveau. Cette infrastructure d’excellence nécessite des investissements conséquents que les ressources propres du Comité ne suffisent plus à couvrir. Buonfiglio utilise une métaphore évocatrice en comparant le système sportif italien à une Formule 1 qui manquerait de carburant pour exploiter pleinement son potentiel.
Une présentation stratégique aux autorités gouvernementales
Le calendrier de la réforme prévoit une étape cruciale le 27 novembre prochain, date à laquelle Buonfiglio et le secrétaire général Carlo Mornati présenteront le rapport du plan stratégique aux plus hautes autorités de l’État. Cette réunion associera le ministre de l’Économie et des Finances Giancarlo Giorgetti et Andrea Abodi, ministre des Sports. Le contexte budgétaire tendu complique néanmoins la tâche des dirigeants sportifs.
Giorgetti fait face à de nombreuses contraintes budgétaires dans un contexte économique difficile pour l’Italie. Malgré ces obstacles, le Comité olympique entend défendre fermement ses positions et confirmer la nécessité d’investissements accrus dans le sport de haut niveau. Les arguments avancés s’appuient sur les résultats sportifs obtenus et sur l’impact positif du sport sur la société italienne. Cette présentation marque un tournant décisif dans les relations entre le mouvement sportif et les autorités publiques italiennes.


