Le final de Paris-Nice 2025 restera dans les mémoires comme l’un des plus passionnants de ces dernières années. Une journée où les attaques se sont multipliées sur un parcours exigeant, offrant un spectacle d’exception aux amateurs de cyclisme sous un soleil enfin présent après une semaine de conditions météorologiques difficiles.
Mads Pedersen, l’infatigable attaquant d’une journée folle
Dès le départ de cette ultime étape, Mads Pedersen a montré ses ambitions en lançant immédiatement les hostilités. Le coureur danois de Lidl-Trek n’a pas ménagé ses efforts, tentant à trois reprises de s’échapper dans les premiers kilomètres. Sa persévérance illustrait parfaitement l’intensité de cette journée finale, traditionnellement spectaculaire sur Paris-Nice.
Après plusieurs tentatives infructueuses, Pedersen a réussi à intégrer différents groupes d’échappée, avant de se retrouver en tête de course avec un avantage significatif lors de la descente du Col de la Porte. Sa performance impressionnante dans les sections montagneuses a surpris de nombreux observateurs, le Danois n’étant pas réputé pour ses qualités de grimpeur.
Le maillot vert était l’un des objectifs principaux de Pedersen, et sa stratégie audacieuse lui a permis de sécuriser sa position en remportant le sprint intermédiaire au sommet du Col d’Èze. Ce moment crucial lui a assuré 10 points supplémentaires, établissant un écart suffisant avec son poursuivant direct, Matteo Jorgenson.
Voici comment se présentait le classement par points après ce sprint stratégique :
| Position | Coureur | Points |
|---|---|---|
| 1 | Mads Pedersen | 62 |
| 2 | Matteo Jorgenson | 45 |
| 3 | Axel Zingle | 36 |
| 4 | Lenny Martinez | 27 |
| 5 | Thibau Kielich | 26 |
Cette journée montrait une fois de plus l’extraordinaire polyvalence de Pedersen, capable de briller sur différents terrains et de jouer un rôle majeur dans une étape montagneuse, bien loin de son profil habituel de sprinteur-puncheur.
L’audace payante de Sheffield face à l’armada Ineos
L’équipe Ineos Grenadiers a animé la course avec une stratégie agressive, prenant les commandes du peloton dans la montée du Col de la Porte. Leur rythme soutenu a rapidement réduit le groupe principal à une trentaine de coureurs, isolant notamment le maillot jaune Matteo Jorgenson de ses coéquipiers Visma-Lease a Bike.
C’est dans ce contexte que Magnus Sheffield a lancé une attaque décisive. Le jeune américain d’Ineos, sixième au classement général au départ de l’étape à 2:54 du leader, a saisi sa chance en s’échappant du peloton alors que son équipe contrôlait la course. Une manœuvre tactique parfaitement exécutée qui a mis Jorgenson dans une position délicate.
Sheffield a ensuite fait preuve d’une détermination remarquable sur la partie finale du parcours. Son ascension impressionnante du Col des Quatre Chemins, dernière difficulté de l’étape avec ses 3,6 km à 8,8% de moyenne, lui a permis de maintenir un écart suffisant pour résister au retour de ses poursuivants.
Les derniers kilomètres ont été particulièrement intenses, avec Sheffield qui s’approchait de son premier succès en World Tour tandis que Jorgenson tentait de limiter l’écart pour préserver son maillot jaune. L’américain d’Ineos a finalement franchi la ligne d’arrivée en vainqueur, visiblement ému lors de son interview d’après-course où il a évoqué ses frustrations passées face aux nombreuses occasions manquées dans sa carrière.
Ce succès a également permis à Sheffield de progresser au classement général :
- Gain de deux places au général
- Progression de la 6ème à la 4ème position
- Dépassement d’Almeida et Storer au classement
- Premier succès World Tour pour le coureur américain
Jorgenson confirme son statut avec une défense magistrale du maillot jaune
Matteo Jorgenson a démontré toute sa classe lors de cette dernière étape. Isolé très tôt de ses coéquipiers Visma-Lease a Bike, l’Américain s’est retrouvé dans une position vulnérable face aux multiples attaques de ses rivaux, notamment celles orchestrées par l’équipe Ineos Grenadiers.
C’est dans l’ascension du Col d’Èze que Jorgenson a pris les choses en main avec une attaque soudaine et puissante. Plutôt que de subir les assauts de ses adversaires, il a choisi de prendre l’initiative, s’échappant du groupe et rattrapant rapidement les coureurs qui le précédaient. Cette décision audacieuse a complètement renversé la dynamique de la course, plaçant le maillot jaune en position de force.
Malgré un moment de difficulté dans la montée du Col des Quatre Chemins, où il a momentanément été distancé par Felix Gall, Jorgenson a su gérer son effort pour revenir et conforter son avantage sur ses poursuivants au classement général. Son arrivée en deuxième position de l’étape lui a permis de remporter cette édition 2025 de Paris-Nice avec une marge confortable de 1:15 sur son plus proche poursuivant, Florian Lipowitz.
Le classement général final témoigne de la domination de Jorgenson sur cette édition :
- Matteo Jorgenson
- Florian Lipowitz à 1:15
- Thymen Arensman à 1:58
- Magnus Sheffield à 2:17
- Michael Storer à 3:03
Cette victoire confirme le statut de Jorgenson comme l’un des coureurs les plus complets du peloton. Après avoir brillé sur les classiques flandriennes dans les semaines précédant Paris-Nice, il a démontré ses qualités exceptionnelles en montagne, sur le contre-la-montre et dans les bordures. Dans son interview d’après-course, il a révélé avoir consacré les quatre derniers mois à la préparation spécifique de cette épreuve, soulignant l’importance qu’elle revêtait dans son programme.
Cette édition 2025 de Paris-Nice aura finalement tenu toutes ses promesses, offrant une course d’usure marquée par des conditions météorologiques difficiles, des chutes malheureuses et une compétition acharnée jusqu’au dernier kilomètre.
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