Tadej Pogacar triomphe à Paris en remportant le Tour de France pour la quatrième fois

Tadej Pogacar triomphe à Paris en remportant le Tour de France pour la quatrième fois

Sous une pluie battante à Paris, Tadej Pogacar a scellé sa quatrième victoire au Tour de France ce dimanche, confirmant son statut de phénomène du cyclisme moderne. Le champion slovène a dominé cette édition 2025 avec une aisance remarquable, terminant avec près de quatre minutes et demie d’avance sur son rival danois Jonas Vingegaard.

La domination écrasante du phénomène slovène

Tadej Pogacar a livré une performance exceptionnelle tout au long des trois semaines de course. Avec des victoires d’étapes décisives à Rouen, Mûr-de-Bretagne, Hautacam et Peyragudes, le leader de l’équipe UAE Team Emirates a affiché une supériorité incontestable face à ses adversaires. Sa quatrième victoire au Tour s’ajoute à celles obtenues en 2020, 2021 et 2024.

Même lors de l’ultime étape entre Mantes-la-Ville et les Champs-Élysées, Pogacar a démontré son esprit combatif. Malgré les conditions météorologiques difficiles sur les pavés glissants de Montmartre, il a lancé plusieurs attaques sur les trois ascensions vers le Sacré-Cœur. Seul le Belge Wout van Aert a réussi à le dépasser pour s’adjuger la victoire d’étape.

Cette domination s’inscrit dans une saison 2025 exceptionnelle pour le Slovène qui cumule déjà :

  • La victoire au Giro d’Italia
  • Le titre de champion du monde sur route
  • Des succès sur les classiques Liège-Bastogne-Liège et Tour des Flandres
  • Des victoires sur plusieurs courses par étapes (Paris-Nice, Critérium du Dauphiné)

À seulement 26 ans, Pogacar totalise désormais 21 victoires d’étapes sur le Tour de France depuis sa première participation victorieuse en 2020. Sa polyvalence exceptionnelle lui permet de briller aussi bien dans les classiques que dans les grands tours, confirmant son statut de coureur le plus complet de sa génération.

Un duel Vingegaard-Pogacar à sens unique

Jonas Vingegaard, double vainqueur du Tour (2022 et 2023), a dû se contenter de la deuxième place pour la deuxième année consécutive. Malgré sa promesse de tout risquer pour conquérir le maillot jaune, le Danois n’a jamais réellement menacé la suprématie de Pogacar, excepté lors de l’étape du Mont Ventoux où ses attaques sont restées sans récompense.

Le destin de Vingegaard semble désormais intimement lié à celui de son rival slovène. Sans la présence de Pogacar, il aurait probablement ajouté d’autres victoires au Tour à son palmarès. Comme l’a souligné sa propre épouse, Trine Vingegaard Hansen, avant même le départ : « Vous ne pouvez qu’avoir du respect pour la façon dont Pogacar gère sa course. Quand il est au départ, il n’y a aucun doute sur qui est le leader. »

Des tensions au sein de l’équipe Visma Lease a Bike ont également affecté la performance du Danois. La stratégie de l’équipe, parfois orientée vers des victoires d’étapes pour d’autres coureurs, a semblé diluer l’effort collectif nécessaire pour contrer Pogacar. Cette situation alimente les spéculations sur l’avenir de Vingegaard au sein de la formation néerlandaise.

Coureur Position finale Écart avec le vainqueur Victoires d’étapes
Tadej Pogacar 1er 4
Jonas Vingegaard 2ème +4min 30s 1
Florian Lipowitz 3ème +7min 45s 0
Oscar Onley 4ème +9min 12s 0

La révélation des talents anglophones

Si cette édition 2025 a confirmé la domination de Pogacar, elle a également mis en lumière plusieurs talents prometteurs. L’Écossais Oscar Onley a créé la surprise en terminant à la quatrième place du classement général pour seulement sa deuxième participation au Tour. Une performance totalement inattendue même aux yeux de son directeur sportif Matt Winston, qui s’attendait à le voir faiblir dans une édition particulièrement exigeante.

L’Irlandais Ben Healy s’est également illustré avec une remarquable neuvième place au général. Sa victoire d’étape à Vire et son bref passage en jaune ont renforcé son statut de leader et nourri ses ambitions pour les futurs grands tours. Ces performances indiquent l’émergence d’une nouvelle génération de coureurs anglophones capable de briller sur les routes du Tour.

En revanche, l’équipe Ineos Grenadiers, autrefois dominante sur le Tour avec les victoires de Bradley Wiggins, Chris Froome et Geraint Thomas, semble désormais incapable de rivaliser pour le maillot jaune. Une page se tourne dans l’histoire récente du cyclisme britannique, alors que de nouveaux talents émergent sous d’autres couleurs.

L’héritage grandissant d’un champion d’exception

Christian Prudhomme, directeur du Tour de France, a reconnu la domination exceptionnelle de Pogacar tout en abordant les questions inévitables qu’elle suscite : « Le cyclisme doit vivre avec les doutes, avec la suspicion, étant donné l’histoire de ce sport. »

Il a néanmoins souligné le parcours extraordinaire du Slovène : « Pogacar était déjà troisième de la Vuelta à seulement 20 ans. Quand il a gagné en 2020, il était le plus jeune vainqueur du Tour depuis 1904. C’est un champion qui gagne de février à octobre, capable de remporter des classiques, de défier Van der Poel sur Paris-Roubaix et de dominer dans les étapes pyrénéennes. »

Avec quatre Tours de France à son actif à seulement 26 ans, Tadej Pogacar trace sa route vers les plus grands noms de l’histoire du cyclisme. S’il est encore loin des cinq victoires de Jacques Anquetil, Eddy Merckx, Bernard Hinault et Miguel Indurain, son âge et sa domination actuelle laissent présager qu’il pourrait atteindre, voire dépasser, ces légendes dans les années à venir.

Cette quatrième victoire sur la Grande Boucle, couplée à son triomphe au Giro cette même année, le place déjà parmi les coureurs les plus accomplis de l’ère moderne. Sous la pluie parisienne, c’est bien le règne de Tadej Pogacar que le cyclisme mondial a célébré ce dimanche.

Sophie Bernard
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