Le président Donald Trump a signé mardi une action exécutive d’envergure visant à transformer le système électoral américain. Cette réforme controversée exige notamment une preuve documentaire de citoyenneté pour s’inscrire aux élections fédérales et impose que tous les bulletins de vote soient reçus au plus tard le jour du scrutin.
Réforme du système électoral américain par décret présidentiel
Dans son nouveau décret, Trump affirme que les États-Unis ont échoué à « appliquer des protections électorales fondamentales et nécessaires ». Le texte exige des États qu’ils collaborent avec les agences fédérales pour partager les listes d’électeurs et poursuivre les délits électoraux. Une mesure particulièrement controversée est la menace de retirer le financement fédéral aux États dont les responsables électoraux ne se conformeraient pas à ces nouvelles directives.
Cette initiative s’inscrit dans la continuité des critiques de longue date formulées par Trump concernant les processus électoraux. Il a fréquemment allégué des manipulations électorales, même avant la publication des résultats, et s’est opposé à certaines méthodes de vote depuis sa défaite face à Joe Biden en 2020, défaite qu’il attribue sans preuve à une fraude généralisée.
Le secrétaire d’État républicain de Géorgie, Brad Raffensperger, a rapidement salué cette mesure : « Merci, Président Trump, pour cet ordre exécutif garantissant que seuls les citoyens américains décident des élections américaines. C’est une excellente première étape pour la réforme de l’intégrité électorale à l’échelle nationale. »
Les principales mesures incluses dans ce décret présidentiel sont :
- L’obligation de fournir une preuve documentaire de citoyenneté pour s’inscrire aux élections fédérales
- L’exigence que tous les bulletins de vote soient reçus au plus tard le jour de l’élection
- Le conditionnement du financement fédéral à la conformité des États
- L’encouragement au partage des listes électorales entre États et agences fédérales
- Le renforcement des poursuites contre les infractions électorales
Implications et contestations juridiques potentielles
Cette action exécutive risque de faire face à des défis juridiques rapides de la part d’organisations de défense des droits de vote. De manière similaire, la Constitution américaine confère principalement l’autorité sur les élections aux États, non au gouvernement fédéral. Si le Congrès dispose du pouvoir de réglementer le vote – comme il l’a fait avec la Loi sur les droits de vote – la Constitution précise clairement que les États ont l’autorité principale pour déterminer les « heures, lieux et modalités » des élections.
Jena Griswold, secrétaire d’État démocrate du Colorado, a qualifié ce décret d' »illégal » et d’instrumentalisation du gouvernement fédéral, affirmant que Trump « essaie de rendre plus difficile pour les électeurs de s’exprimer dans les urnes ».
Justin Levitt, expert en droit constitutionnel et ancien conseiller principal en politique de l’administration Biden, reconnaît que l’exécutif possède une certaine autorité sur les élections. Il note que des agences fédérales fournissent un soutien électoral, notamment la Commission d’assistance électorale des États-Unis, qui distribue des subventions fédérales aux États et gère un programme de certification volontaire pour les systèmes de vote.
| Aspect du décret | Controverses associées |
|---|---|
| Preuve de citoyenneté | Potentiel de priver 21,3 millions d’Américains de leur droit de vote |
| Réception des bulletins le jour de l’élection | 18 États et Porto Rico acceptent actuellement les bulletins postdatés reçus après le jour du scrutin |
| Conditionnement du financement | Possible conflit avec l’autorité constitutionnelle des États |
Impact sur les citoyens américains et le processus démocratique
L’exigence de preuve documentaire de citoyenneté pourrait affecter significativement l’accès au vote. Selon un rapport de 2023 du Brennan Center for Justice et d’autres organisations, environ 9% des citoyens américains en âge de voter, soit 21,3 millions de personnes, ne disposent pas immédiatement d’une preuve de citoyenneté. Des préoccupations existent également concernant les femmes mariées ayant changé de nom, car leurs certificats de naissance mentionnent leur nom de jeune fille.
Des incidents similaires se sont produits lors de récentes élections municipales dans le New Hampshire, où une nouvelle loi d’État exige une preuve de citoyenneté pour s’inscrire sur les listes électorales.
Le décret stipule également que les votes doivent être « exprimés et reçus » avant le jour de l’élection et conditionne le financement fédéral à la conformité des États. Actuellement, 18 États et Porto Rico acceptent les bulletins de vote par correspondance reçus après le jour du scrutin, à condition qu’ils soient postdatés du jour de l’élection ou avant, selon la Conférence nationale des législatures d’État.
Les conséquences potentielles de cette réforme sur le système électoral américain comprennent :
- Une réduction potentielle du nombre d’électeurs éligibles
- Des modifications dans les pratiques électorales de nombreux États
- Des batailles juridiques prolongées sur la constitutionnalité du décret
- Un impact disproportionné sur certains groupes démographiques
Le représentant Bryan Steil du Wisconsin, président de la commission de la Chambre qui supervise les élections, a déclaré que ce décret est une « action bienvenue pour sécuriser nos élections et prévenir l’influence étrangère ». Trump a lui-même fait référence à la fraude électorale en signant le décret, affirmant que « cela y mettra fin, espérons-le » et ajoutant que d’autres actions électorales seraient prises dans les semaines à venir.
Cette initiative présidentielle marque une étape significative dans la transformation du paysage électoral américain et pourrait avoir des répercussions importantes sur la participation électorale et la confiance dans le processus démocratique aux États-Unis.


