Le monde du sport italien se prépare à un moment décisif avec l’élection du nouveau président du Comité National Olympique Italien (CONI). Cet événement marque un tournant crucial dans la gouvernance sportive nationale alors que Giovanni Malagò quitte ses fonctions après plus d’une décennie à la tête de l’institution. L’avenir du sport transalpin se dessine maintenant, avec huit candidats en lice pour succéder au trône de Palazzo H, siège emblématique du CONI.
La course à la présidence du CONI : un moment historique pour le sport italien
Le 27 juin 2025 marque une date charnière pour le sport italien. Jamais dans l’histoire du CONI autant de candidats ne s’étaient présentés pour briguer la présidence de cette institution prestigieuse. Parmi les huit prétendants, deux figures émergent comme favoris : Luciano Buonfiglio, 74 ans, président de la Fédération italienne de canoë-kayak depuis 2005, et Luca Pancalli, 61 ans, président sortant du Comité Paralympique Italien.
Buonfiglio, napolitain d’origine et vice-président du CONI de 2013 à 2018, représente une forme de continuité avec l’ère Malagò. Son programme s’articule autour de la préservation du prestigieux héritage de la marque CONI tout en proposant des solutions concrètes pour alléger le poids bureaucratique qui freine parfois le développement sportif.
Pancalli, quant à lui, romain d’origine et plus proche de la majorité gouvernementale actuelle, propose une vision axée sur l’inclusion et l’égalité des chances dans le sport. Son ambition est de créer un CONI plus participatif, capable de représenter efficacement toutes ses composantes. Il souhaite également développer une collaboration renforcée avec Sport e Salute, l’organisme public chargé du financement du sport en Italie.
Parmi les autres candidats notables figure Franco Carraro, 85 ans, ancien président du CONI (1978-1987) et membre actuel du Comité International Olympique. Son expérience et ses réseaux pourraient jouer un rôle déterminant dans l’élection, particulièrement à partir du second tour de scrutin.
| Candidat | Âge | Position actuelle | Vision principale |
|---|---|---|---|
| Luciano Buonfiglio | 74 | Président Fédération canoë-kayak | Continuité et réduction bureaucratique |
| Luca Pancalli | 61 | Président Comité Paralympique | Inclusion et collaboration institutionnelle |
| Franco Carraro | 85 | Membre CIO | Stabilité et expérience internationale |
Les défis et enjeux du sport italien face à sa transformation
Le sport italien traverse une période paradoxale. D’un côté, les résultats sportifs témoignent d’une excellence reconnue mondialement, comme l’attestent les performances aux récentes compétitions internationales. De l’autre, des défis structurels persistent et exigent des réponses adaptées de la part du futur président.
Les candidats à la présidence identifient plusieurs enjeux cruciaux pour l’avenir du sport transalpin :
- L’accessibilité à la pratique sportive pour tous les citoyens, indépendamment de leur origine sociale ou géographique
- La modernisation des infrastructures sportives à travers le territoire national
- La réforme de la justice sportive pour garantir son indépendance et son efficacité
- La représentativité démocratique au sein des fédérations et des organes de gouvernance
- La relation entre le sport et la politique, sujet particulièrement sensible
Comme le souligne le candidat Mauro Checcoli, double médaillé d’or olympique en équitation à Tokyo 1964 : « Nous sommes le pays d’Arlequin, fait de mille pièces : certaines fonctionnent bien, d’autres non. » Cette métaphore illustre parfaitement l’hétérogénéité du système sportif italien, où coexistent des secteurs d’excellence et des domaines nécessitant des améliorations significatives.
Carlo Iannelli, avocat pratese candidat à la présidence, apporte une perspective éthique forte, motivée par l’expérience tragique de la perte de son fils Giovanni, cycliste décédé à 22 ans lors d’une compétition. Il plaide pour un retour aux valeurs fondamentales du sport, craignant que la recherche de médailles à tout prix n’ait éclipsé l’essence même de la pratique sportive.
L’avenir du sport italien entre tradition et innovation
L’élection du nouveau président du CONI représente bien plus qu’un simple changement à la tête d’une institution. Elle incarne un moment charnière où le sport italien doit réinventer sa gouvernance tout en préservant son riche héritage.
Les grands électeurs, au nombre de 80, auront la lourde responsabilité de choisir la personne qui guidera le sport italien dans cette nouvelle ère. Pour être élu au premier tour, un candidat devra obtenir la majorité absolue de 41 voix. Le processus électoral sera transparent, avec une couverture télévisée assurée par ItaliaTeamTV, la chaîne officielle du CONI.
La transition de leadership intervient dans un contexte où le sport italien doit relever plusieurs défis majeurs :
- Renforcer la collaboration entre le CONI et Sport e Salute pour optimiser l’utilisation des ressources
- Développer des programmes sportifs inclusifs touchant l’ensemble du territoire national
- Moderniser les structures de gouvernance pour améliorer la représentativité
- Préparer la prochaine génération d’athlètes tout en valorisant l’héritage des champions actuels
Comme l’exprime le candidat Duccio Bartalucci : « Le sport n’est pas seulement une question de médailles : c’est avant tout une question d’éducation, d’inclusion, de protection et d’équité. » Cette vision rappelle que l’impact social du sport dépasse largement le cadre des performances et touche à des enjeux fondamentaux pour la société italienne.
Alors que Giovanni Malagò s’apprête à quitter ses fonctions, son influence sur l’élection reste une question ouverte. Si certains candidats considèrent que son soutien pourrait être déterminant, d’autres estiment que les électeurs feront preuve d’indépendance dans leur choix, privilégiant les programmes et les visions plutôt que les alliances personnelles.
Le futur président du CONI héritera d’un système sportif performant mais confronté à de nombreux défis. Sa capacité à naviguer entre tradition et innovation, entre excellence sportive et inclusivité, déterminera l’avenir du sport italien pour les années à venir.
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